Bilan de compétences : le MBTI

« Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même. » Bouddha

Comme le laisse entendre cette citation de Bouddha, apprendre à se connaître est le travail de toute une vie.

Pour un être humain, essayer de plonger à la découverte de sa propre personnalité avec ses particularités, c’est l’assurance d’un travail sans limite pour essayer jour après jour de devenir une meilleure personne.

L’être humain, du fait des capacités de son cerveau dispose d’un potentiel infini (ou presque), et au travers de la psychologie de nombreux spécialistes ont, de tout temps, essayé de percer les mystères de cette complexité.

Apprendre sur son propre fonctionnement, c’est mieux se comprendre, donc mieux s’accepter. Cela permet d’exploiter au mieux ses capacités innées, d’identifier ses zones d’inconfort et d’éviter de se sentir rejeté pour ce que l’on est.

Dans cet article je vous propose de partir à la découverte de votre profil psychologique, ou plutôt de la famille de profils à laquelle vous appartenez.

En effet, comprendre sa nature instinctive peut se révéler particulièrement utile tant pour prendre conscience de ses forces que pour accepter ses faiblesses.

Mais comprendre comment les êtres humains fonctionnent est également une formidable porte ouverte vers la tolérance, vers l’acceptation de la différence.

S’accepter, identifier ses axes de progression et mieux vivre en Société, voilà les trois principales utilités du Myers Briggs Type Indicator (MBTI).


Qu’est ce que le MBTI, en deux mots ?

Rapide Historique et utilités

Ce sont les travaux de Carl Jung qui furent à l’origine de cet outil.

Le psychologue suisse identifia dans un premier temps trois préférences cognitives dans le fonctionnement de l’être humain.

Au début du XXème siècle, il démontra que ces 3 prédilections permettaient de caractériser des comportements de façon pertinente.

En d’autres termes, ce sont elles qui déterminent la façon dont nous nous comportons dans une situation donnée.

Ses travaux furent repris par la suite par une mère et sa fille, Katerine Cook Briggs et Isabel Briggs Myers, qui complétèrent les avancées de Jung par une quatrième préférence.

Aujourd’hui, il faut savoir que ces découvertes sur le fonctionnement humain sont plus que reconnues. En Amérique du Nord, le MBTI est très répandu et cette tendance tend à se développer de plus en plus en Europe.

En effet, il tend à se démocratiser et de plus en plus de cabinets de recrutement ou de directions des ressources humaines de grands groupes, l’utilisent.

Et pour cause, cet outil permet aussi bien d’identifier le potentiel des collaborateurs que d’améliorer la gestion du travail d’équipes.

Certains profils étant plus à même de s’épanouir (et donc d’exceller) dans certains domaines, les entreprises disposent ainsi d’un formidable levier de performance et d’épanouissement au travail.

4 préférences et 16 profils

En fin de compte, avec quatre axes distincts Katerine Cook Briggs et Isabel Briggs Myers établirent une sorte de matrice de plusieurs personnalités dans lesquelles quiconque se retrouve : le MBTI.

Les quatre dimensions autour desquelles le modèle est construit, sont les suivantes :

  1. le moyen que chaque être a pour trouver son énergie au quotidien (Extraversion ou Introversion)

  2. la prédilection de chacun pour recueillir les données dans son environnement (la Sensation ou l’Intuition)

  3. la préférence via laquelle il prend ses décisions une fois les informations envoyées au cerveau (avec le coeur, « Feeling » ou plutôt la logique « Thinking »)

  4. et enfin le mode d’action préféré (plutôt guidé par le Jugement ou par la Perception)

Les 4 axes étant chacun caractérisé par deux choix possibles, la matrice du MBTI est constituée de 16 personnalités différentes, issues de toutes les combinaisons potentielles.

Que sont les 4 « tempéraments » de Keirsey

Mais ces travaux, ne furent pas une finalité.

En effet, de nombreux autres psychologues se penchèrent dessus pour continuer les avancées en terme de compréhension du fonctionnement cognitif humain.

L’un deux, David Keirsey, réussit à mettre au jour l’existence de similitudes entre certains profils, donc entre certains comportements.

En se concentrant sur des domaines bien précis tels que la famille, les intérêts spécifiques, les orientations, les valeurs ou encore les rôles sociaux, David Keirsey parvint à regrouper les 16 profils psychologiques en 4 familles de 4 profils aux similitudes pertinentes.

Le psychologue américain de la deuxième moitié du XXème siècle constata ainsi que des regroupements de comportements similaires étaient effectifs.

Ces 4 familles sont appelées « tempéraments ».

Avant de rentrer en détail dans les spécificités de chacune de ces 4 catégories, il est bon d’expliquer les dimensions auxquelles Keirsey s’intéressa.

Le psychologue américain tenta de regrouper les profils de la matrice du MBTI, selon des critères bien précis du comportement des êtres humains :

  • suivant le système des valeurs de la personne, c’est-à-dire celles qui guident ses choix car il y accorde beaucoup d’importance, celles autour desquelles ils construisent leur système de pensées.

  • suivant leurs motivations dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire ce qui les anime et qui est à l’origine de leur dynamique.

  • suivant l’image que les êtres ont d’eux-mêmes, la façon dont ils se considèrent.

  • selon leurs rôles sociaux c’est-à-dire leur place au sein de la Société.

  • selon leur talent inné, leur force et ce qu’ils peuvent apporter au monde.

Si la combinaison de ces préférences est considérée comme pertinente c’est parce qu’elle détermine énormément de particularité chez l’être humain.

Au-delà même des particularités, il est possible de parler de talents naturels, de facilités innées dans certains domaines de la vie.

Ainsi David Keirsey distingua :

  • les idéalistes,

  • les rationnels,

  • les artisans (de projets),

  • les gardiens (des traditions),

Avant d’aborder plus en détails chacun des 4 « tempéraments » et leurs spécificités, attachons-nous à l’intérêt d’une telle découverte.

Après tout les 16 personnalités du MBTI décrivent déjà avec une très grande précision 16 fonctionnements bien distincts…

Les avancées de David Keirsey, en simplifiant le modèle, ne cherchent pas à enfermer les gens dans des cases, bien au contraire.

L’un des premiers apports de ces regroupements de profils est en premier lieu de mieux comprendre certaines affinités que nous avons avec certaines personnalités psychologiques.

C’est ainsi, certains types MBTI ne partageant pas les mêmes fonctionnements, les mêmes valeurs, ont plus de mal à cohabiter.

Une autre des grandes utilités des « tempéraments » de Keirsey, est la rapidité de lecture et d’analyse d’un profil.

Les 16 personnalités du MBTI, ont cette incroyable précision dans leur description, mais parvenir à déterminer avec exactitude à laquelle un individu appartient requiert un certain temps et une certaine expérience.

L’avantage des quatre familles est donc de pouvoir identifier le type de fonctionnement préférentiel dans les grandes lignes.

Cette lecture est certes moins précise mais elle a le mérite de se concentrer sur les traits saillants de la personne.

Si à ce stade de l’article vous vous demandez quel pourrait être votre profil psychologique et à quel « tempérament » vous appartenez, je ne peux que vous inviter à réaliser directement ce test maison.

Le Tempérament des « Gardiens des traditions »

Particularités

Le point commun des 4 profils constituant le « tempérament » des Gardiens, est la combinaison entre le fait qu’ils privilégient leurs 5 sens pour recueillir les informations qu’ils envoient au cerveau (versus l’intuition).

Dans le même temps, ils sont « J », c’est-à-dire que leur style de vie est influencé par le « Jugement » (au sens MBTI du terme). Cette particularité fait qu’ils sont des êtres cadrés, organisés et prudents dans leur vie au quotidien.

Par l’expression « Gardien », David Keirsey fait avant tout référence au fait que les personnes appartenant à cette famille de profils, ont cette particularité de chercher avant tout à préserver ce qui existe déjà. Ce qui est étonnant c’est que leur premier réflexe est de vouloir conserver ce qu’ils connaissent même si le résultat n’est pas optimum.

Les personnes ayant un profil MBTI « SJ », partagent d’ailleurs de nombreux autres points communs dans des domaines comme la famille, la vie du quotidien ou encore dans le milieu du travail.

Leur fonction Sensation, leur confère inévitablement un fort pragmatisme et un sens du concret très développé. Leur motivation première est la quête d’efficacité bien plus que celle de l’esthétisme ou de l’image.

Les « Gardiens » se distinguent également par leur sens de l’organisation et de l’anticipation qui sont les clés, à leurs yeux, de l’efficacité !

C’est pour cela qu’ils aiment la notion de cadre, de règles et de procédures.

Quand ils avancent vers leur objectif, c’est toujours par étape. On parle de mode séquentiel. Cette particularité fait qu’ils ont du mal à se projeter directement vers le but final et qu’ils préfèrent et sont plus efficaces en progressant pas à pas.

Leur principale difficulté dans la vie est directement le pendant de leur particularité à rechercher constamment à préserver l’existant. Cet esprit conservateur les rend mal à l’aise face au changement surtout quand il est rapide et brutal.

Ce manque de souplesse les met clairement dans une situation d’inconfort.

Les 4 « types » de Gardiens

Au sein de ce « tempérament », le modèle distingue cependant 4 profils ayant chacun leurs spécificités.

Le profil ISFJ, surnommé « le protecteur », se distingue par sa fonction dominante, la Sensation introvertie. Celle-ci lui permet de puiser dans sa mémoire (liée aux cinq sens) un tas de référents, comme on s’informerait dans une bibliothèque. Toutes les informations qu’il a emmagasinées lui servent en quelque sorte de « base de données géante ». Un son, une odeur, une image, un goût et l’individu est transporté dans son passé.

Le Président américain George Bush (père), la princesse d’Angleterre Kate Middleton ou encore le dictateur nord coréen Kim Jong-il sont considérés appartenir à ce profil.

Le second type MBTI de ce tempérament que l’on peut évoquer, est celui de l’ESFJ, appelé « le soutien ». La spécificité de ce profil MBTI, son don naturel, est sans aucun doute sa capacité à rassembler. Le fait que les individus ESFJ recherchent naturellement à entretenir un climat d’harmonie au sein du groupe auquel ils appartiennent est une facette essentielle de leur personnalité. Ce profil déteste le conflit et recherche avant tout le respect des valeurs et des sentiments des autres. Cette particularité de sa personnalité est directement corrélée à sa fonction dominante (la plus marquée), la fonction « Feeling extravertie ».

Parmi les célébrités considérées comme ESFJ, on peut citer le Président américain actuel Joe Biden, le chanteur Ed Sheeran ou encore la chanteuse Jennifer Lopez.</